Journées Georges Doriot

HEC Paris - EM Normandie
& ESG-UQAM

 

Georges Doriot fut à Harvard un pionnier de l'enseignement et de la recherche en gestion et introduisit en France au début des années 30 la méthode des cas au CPA, devenu l'Executive MBA du groupe HEC. Il fut aussi un des « inventeurs » du capital risque après guerre aux USA et fit fortune en participant à la création de DEC.

 

Tous les deux ans, les journées Georges Doriot - créées par HEC Paris et EM Normandie - sont l'occasion de mettre en pratique trois principes forts :

  • l'intelligence pratique: l'entrepreneuriat est un champ où l'imbrication entre les pratiques et les réflexions académiques est nécessaire et fructueuse.
  • une vocation transdisciplinaire: ces journées doivent permettre d'aborder les phénomènes entrepreneuriaux sous diverses facettes : managériale, juridique, psychologique, historique, etc… Outre les sciences de gestion, les journées sont ouvertes aux spécialistes des sciences économiques, des sciences juridiques, des sciences cognitives, et plus largement des sciences humaines et sociales.
  • une ouverture aux professionnels: ces journées se veulent enfin un lieu d'échanges entre communauté académique et monde professionnel. A l'image de Georges Doriot qui fut tout à la fois un pionnier dans la recherche et l'enseignement de gestion et une figure majeure du capital risque et de l'entrepreneuriat.

 

"Entrepreneuriat et Société: pour des approches critiques" : thème de la sixième édition - les 19 et 20 mai 2016 à Mons (Belgique)

Soutenu à la fois par une tradition académique fonctionnaliste et des discours politiques normatifs, l’entrepreneuriat a longtemps été considéré sous le prisme exclusif de la création de richesse (Jennings et al., 2005 ; Amstrong, 2005 ; Tedmanson et al. 2012). Les discours scientifiques et politiques ont notamment attribué un rôle sans doute excessif à l’innovation et cultivé la figure du leader héroïque (Janssen et Schmitt, 2011), masquant des formes d’entreprendre plus contrastées, des raisons d’entreprendre variées et mettant aussi de côté la performativité et l’idéologie de ces mêmes discours optimistes. Au-delà de cet « entrepreneurialisme », l'entrepreneur(e) peut également – peut-être avant tout – être envisagé comme un agent du changement social et politique, transformant par ses micro-pratiques des ordres établis.

Ce changement de perspective implique, d’une part, de déconstruire un ensemble de discours autour de l’entrepreneuriat considérés comme allant de soi, d’appréhender différemment les processus entrepreneuriaux et d’approfondir l’étude des « entreprendre autrement ». Il en va ainsi par exemple de la création de valeur financière que les approches traditionnelles peinent à appréhender en phase de création d’entreprise et qui constitue, pour de nombreux entrepreneurs, plus une contrainte qu’un objectif (St-Pierre et Cadieux, 2011). Il en va ainsi également des formes solidaires, sociales et collectives de l’entrepreneuriat qui appellent à un renouvellement des approches là où on calque le plus souvent les instruments dominants de l’entrepreneuriat (plans d’affaires, etc.). Il en va ainsi enfin des référents culturels occidentaux qui soutiennent les manières de penser l’entrepreneuriat.

L’objectif de ces 6èmes journées est de mettre en débat des conceptions dites « critiques » de l’entrepreneuriat. Il s’agit plus spécifiquement de « défier » les hypothèses fondatrices de l’entrepreneuriat pour générer des théories "intéressantes" au lieu de miser sur la simple détection de vides dans la connaissance accumulée et considérée pour « vraie » (Alvesson et Sandberg, 2013). Les approches critiques ont également pour ambition de « réhabiliter l’épaisseur de la décision humaine, l’importance des rapports de force au sens large, la place de l’incertitude ou des dimensions symboliques à l’oeuvre dans les activités productives » (Taskin et de Nanteuil, 2011).

 

Dans cette perspective, nous vous invitons à développer des perspectives critiques, nouvelles et originales sur les thèmes suivants :

- Entrepreneuriat et changement social ;

- Finance entrepreneuriale et renouvellement de la création de valeur ;

- Entrepreneuriat, légitimité et déviance ;

- Approches narratives de l’entrepreneuriat ;

- Esthétique de l’entrepreneuriat ;

- Entrepreneuriat, résistance et émancipation ;

- Mode d’enseignement « alternatifs » de l’entreprendre ;

- Entreprendre, ontologie processuelle, processus entrepreneuriaux (entrepreneuring) ;

- Entrepreneuriat et genre ;

- Entrepreneuriat ethnique et immigrant ;

- Approches politiques : la société entrepreneuriale ;

- Entrepreneuriat et géostratégie ;

- Déconstruction des histoires et discours dominants ;

- Entrepreneuriat familial, pérennité et résistance à la financiarisation ;

- Entrepreneuriat durable, social et solidaire / Entrepreneuriat collectif ;

- Entrepreneuriat contraint ou de nécessité ;

- Approches culturelles de l’entrepreneuriat ;

- Construction des identités entrepreneuriales ;

- Effectuation, « Bricolage », sérendipité et entrepreneuriat ;

- Défaillance / échec entrepreneurial ;

- Micro-finance ;

- Entrepreneuriat, pouvoir et soumission ;

- Entrepreneuriat et excès du capitalisme ;

- Entrepreneuriat et développement ;

- etc.

 

Contact: Nazik FADIL

email: nfadil@em-normandie.fr


"Entrepreneuriat et Société: de nouveaux enjeux" : thème de la cinquième édition - les 15 et 16 mai 2014 à Rabat (Maroc)

L’objectif de ces 5èmes journées est de mettre en débat des conceptions divergentes et alternatives de l’entrepreneuriat afin d’en comprendre les diverses facettes. Le comité scientifique examinera donc avec intérêt des approches ontologiques, épistémologiques, théoriques ou méthodologiques renouvelant le champ de l’entrepreneuriat.

Contact: Nazik FADIL

email: nfadil@em-normandie.fr


"L'entrepreneuriat et la pérennité de l'entreprise familiale : faire face aux risques et infortunes des environnements turbulents" : thème de la quatrième édition - 11-13 mai 2012 à Montréal (Canada)

Ces 4èmes Journées Georges Doriot ont pour ambition de favoriser l’émergence d’un champ spécifique de recherche autour de l’entrepreneuriat familial, entendu sous la double interrogation de (1) l’entrepreneuriat comme élément fondamental de la pérennité des EF, tant au niveau de leur renouvellement stratégique que de l’intrapreneuriat et (2) de l’EF comme terreau pour insuffler aux nouvelles générations l’esprit entrepreneuriat, notamment par l’implication de la famille entrepreneuriale. En effet, pendant longtemps, la majeure partie des recherches en entrepreneuriat ont eu tendance à ignorer ceux en entreprise familiale et inversement, chacun des champs tendant à circonscrire son domaine et à le légitimer en développant ses propres revues, colloques et communautés. Or, comme certains chercheurs l’ont fait apparaître plus récemment, l’entrepreneuriat est une pierre angulaire dans la pérennité de l’entreprise familiale. Mais encore, la famille joue aussi un rôle déterminant tant dans le orientations entrepreneuriales de ses membres que dans le support qu’elle peut accorder aux aventures entrepreneuriales qui fondent les entreprises familiales et permettent de les faire croître. Considérant les implications ramifications de l’entrepreneuriat familial, les propositions de communication peuvent aborder différents sous-thèmes :

  • Quels risques menacent les EF sur la longue période et comment l’entrepreneuriat peut-il permettre d’y faire face ?
  • Rôle de la résilience organisationnelle dans la longévité des EF
  • Rôle de l’entrepreneuriat familial dans le renouvellement stratégique des EF
  • Impact de l’entrepreneuriat familial sur la performance des EF
  • Les entreprises familiales comme organisations hautement fiables (HRO)
  • Entrepreneuriat familial et innovation, les voies du renouvellement stratégique
  • Risques financiers et entrepreneuriat familial
  • Transmission ou maintien de l’esprit entrepreneurial au fil des générations

 

"L'intrapreneuriat" : thème de la troisième édition - 4 et 5 mars 2010

Et si, à l'appui de quelques success stories, les recherches académiques autour de l'intrapreneuriat précédaient quelque peu les pratiques managériales ? Il est d'abord sans doute difficile de mesurer l'importance réelle du phénomène tant sa délimitation ne va pas de soi. Dans les pratiques, l'intrapreneuriat se joue des traditionnelles disciplines, à l'articulation de l'innovation, des ressources humaines, du projet, de la créativité et de la stratégie. Il déborde le champ initial des grandes entreprises pour investir celui des PME mais aussi la sphère du non marchand et du management public. Au-delà d'une forme d'angélisme, il y a ensuite à s'interroger sur la réalité et les limites de l'intrapreneuriat. Quel est le rôle réel de l'intrapreneuriat dans la diffusion de pratiques managériales innovantes ? L'incitation à des conduites intrapreneuriales peut-elle paradoxalement se doubler d'une volonté d'inhiber toute velléité entrepreneuriale ? Le management par l'intrapreneuriat est-il par essence paradoxal ?

 

L'entrepreneuriat familial : thème de la deuxième édition - 15 et 16 mai 2008

Quoiqu'on en dise, la place du capitalisme familial dans le tissu économique mondial demeure conséquente, au-delà même des petites et moyennes organisations, et plus encore au sortir des frontières occidentales. L'entreprise familiale fait l'objet d'une attention soutenue ; en témoignent l'organisation des pratiques autour de communautés professionnelles (les Hénokiens, l'ASMEP, etc.) ou bien l'ancrage de publications telles que la Family Business Review dans le monde académique. L'examen des conduites à l'articulation de l'entrepreneuriat et de l'entreprise familiale reste quant à lui en devenir.

 

Le repreneuriat : thème de la première édition - 16 et 17 mars 2006

La reprise et la transmission d'entreprise sont des marchés en fort devenir si l'on s'en tient aux statistiques de la démographie d'entreprise. Cela renforce significativement le besoin d'études théoriques et empiriques sur les projets de cession et de transmission du point de vue du cédant, du repreneur et de l'accompagnateur.
Plusieurs études ont été conduites en France sur le sujet par OSEO, partenaire des journées Georges Doriot, dont il ressort que la transmission est une phase très risquée de la vie des entreprises, plus d'une transmission sur cinq échouant avant 6 ans, les dernières données disponibles semblant en outre montrer que ce risque est reparti dans une phase haussière. Dans le même temps l'enjeu économique des transmissions est crucial, plus de 300000 emplois étant en jeu chaque année : si les facteurs financiers restent déterminants dans l'analyse du risque, ces études démontrent que les circonstances qui entourent l'opération de transmission le sont tout autant et permettent ainsi de dégager des thèmes de recherche susceptibles d'intéresser la communauté professionnelle du « repreneuriat ».